L’impact social et urbain : Cosne transformée
La montée de la métallurgie ne bouleverse pas que l’économie locale : elle change aussi la vie quotidienne, le tissu social et la physionomie urbaine de Cosne.
Nouvelles rues, nouveaux quartiers
À proximité immédiate de l’usine, on voit pousser des cités ouvrières dès la fin du XIXe siècle. De modestes maisons en série, parfois dotées d’un jardinet, hébergent les familles : on reconnaît encore aujourd’hui certaines rues alignées autour de l’avenue du 85e de Ligne (actuelle rue Waldeck Rousseau).
- Des écoles sont ouvertes à destination des enfants d’ouvriers, surveillées par des religieuses ou des instituteurs laïques.
- Les commerçants de Cosne adaptent leurs horaires à ceux de la sirène de l’usine.
- Les « sociétés de secours mutuel » voient le jour, prémisses d’une solidarité ouvrière locale.
Les commerces prospèrent, les cafés bruissent d’accents venus des campagnes environnantes, de la Nièvre, du Cher ou bien plus loin – Creuse, Limousin – car Cosne attire : près de 25 % des ouvriers recensés en 1906 sont originaires d’autres départements (source : FranceArchives, recensements de Cosne).
Des luttes et des éclosions sociales
L’essor industriel apporte aussi son lot de luttes sociales. Cosne connaît plusieurs grèves, notamment dans l’entre-deux-guerres : on y revendique de meilleurs salaires, une réduction du temps de travail et des conditions plus dignes. Les archives du journal local, Le Courrier de Cosne, dévoilent les tracts syndicaux et les affiches colorées placardées sur les murs lors des grandes grèves de 1936.
Des familles entières rallient le mouvement ; les épouses tiennent des « soupes populaires » dans les salles paroissiales. Si la figure de l’ingénieur ou du contremaître est souvent celle du « chef », c’est bien le collectif ouvrier qui anime la vie nouvelle de Cosne, entre fierté d’appartenance et volonté de reconnaissance.