Jour 1 : Vielmanay et les villages du Val de Loire nivernais
Point de départ naturel, Vielmanay s’enroule autour de son église, témoin discret d’une histoire qui s’étire jusqu’au Moyen Âge. Dès le matin, lorsque la brume effleure les haies, il est conseillé de débuter la visite par ce bourg où le passé affleure au détour de chaque ruelle.
L’église Saint-Pierre de Vielmanay : entre humilité et histoire
L'église Saint-Pierre, inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques (source : Base Mérimée), mêle des éléments romans à des remaniements du XIXe siècle, comme en témoignent la nef sobre et le clocher trapu recouvert d’ardoise. Les murs sont parfois ornés de vestiges de peintures anciennes, rappelant les processions et les cultes ruraux. Un détail attire l’attention : un ex-voto suspendu, dédié à la protection des récoltes ; il était courant que les fidèles, face à des calamités (épidémies, gelées tardives), fassent vœu d’offrandes, une tradition encore vivace au début du XXe siècle comme le montrent certains registres de délibérations paroissiales.
Les lavoirs : témoins d’une sociabilité villageoise
À Vielmanay, comme à Saint-Malo-en-Donziois ou Saint-Bonnot, les lavoirs, souvent restaurés, ponctuent le paysage. Ces modestes abris étaient des lieux de travail pour les lavandières mais aussi des espaces de confidences et de solidarité, où la vie du village s’écoutait et se commentait. Selon les archives communales de Vielmanay (Archives départementales de la Nièvre, séries O et E), des règlements très stricts encadraient l’usage de l’eau : horaires, interdiction de teindre les tissus les jours de lessive, contrôles réguliers par le garde-champêtre, rappelant la préciosité des ressources en eau jusque dans les années 1950.
Les moulins du Donziais : une histoire de blé, d’eau et de transmission
En longeant la rivière du Nohain, on découvre les vestiges des moulins à eau, dont certains ont été exploités jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Le moulin de Vieux-Moulin, près de Vielmanay, évoque cet âge d’or où meuniers et paysans échangeaient nouvelle farine contre grain sélectionné, dans une économie à la fois solidaire et hiérarchisée (source : Revue Annales. Economies, Sociétés, Civilisations). L’histoire orale rapporte que certains meuniers surent tirer profit de la rudesse des crues, adaptant digues et roues au fil des décennies. On trouve d’ailleurs dans les cadastres napoléoniens mention des « moulins foulons », utilisés à la fois pour le grain et l’apprêt des draps locaux.