Quand l’histoire surgit à travers les archives et le paysage
Vielmanay au Moyen Âge n’était ni un château fort, ni un haut lieu militaire ou monastique, mais la modeste vitalité d’une communauté rurale enracinée dans son terroir. Les archives communales révèlent des noms de familles présents depuis le XIII siècle (les Jouan, les Baudin, voire même les Roisseau). L’étude des lieux-dits et des “chemins de traverse” ramène aux itinéraires médiévaux qui reliaient les hameaux du plateau nivernais : “la Rue des Chênes”, “la Voie des Moines”, ou encore le mystérieux “Chemin de la Messe” qui traversait la forêt jusqu’à la paroisse voisine.
La petite église, l’allée du cimetière et les talus moussus recèlent, pour qui sait regarder, des vestiges ténus : fragments de tuiles médiévales, pans de murs anciennement remaniés, limites parcellaires centenaires. Autant de jalons pour saisir, sous la surface du présent, la permanence et la fragilité d’une communauté villageoise vieille de plus de huit cents ans.
Chercher Vielmanay au Moyen Âge, c’est accepter que tout ne soit pas reconstituable à l’identique. Mais c’est aussi se laisser surprendre par une histoire tissée de gestes quotidiens, d’inventions collectives et d’une adaptation, patiente et obstinée, aux contraintes et aux dons du Nivernais. En archéologue amateur comme en simple promeneur, chacun peut, sur les pas des anciens, continuer à faire vivre, modestement, la mémoire médiévale des lieux.