Vielmanay sans ses voisines : quelles possibilités ?
1. Autonomie alimentaire et circuits courts
Le village possède encore des terres fertiles et une tradition agricole solide. Certaines familles pratiquent le maraîchage, l’élevage, parfois en bio. Toutefois, l’absence de marché local structuré rend difficile la valorisation de cette production in situ. Là où autrefois séchaient les jambons sous les greniers, aujourd’hui ce sont les supermarchés de La Charité ou Marzy qui fournissent l’essentiel.
- Points forts : Potentiel de relocalisation alimentaire (fermes certifiées bio, ateliers de transformation).
- Limites : Absence d’épicerie dynamique, mobilité réduite (pas de ligne de bus régulière vers les autres villages).
2. Services essentiels : la difficile survie en solo
Il est rare qu’un village de cette taille puisse proposer de lui-même un éventail suffisant de services — médecins, pharmacie, banque, éducation, sport, culture. Selon l’Atlas Rural de la Nièvre (2022), moins de 10% des communes du département conservent un cabinet médical. Vielmanay a perdu le sien dans les années 1970. Le RAM (Relais d’Assistantes Maternelles) circule à Prémery ou à La Charité, non à Vielmanay.
- Pour se soigner, on doit aller à Donzy ou La Charité.
- Pour l’école, bus vers Saint-Amand ou Prémery.
- Pour des démarches administratives, passage par La Charité ou Nevers.
À la lumière des documents des archives départementales, on retrouve cette dépendance dans les récits des anciens : « On faisait tout à Méchou, à La Charité… Jamais on n’aurait vécu sans eux » racontait M. Beaulieu, né en 1921, lors d’une collecte orale en 1999.
3. Mobilité et transport : un goulet d’étranglement
La survie économique passe par la possibilité de se déplacer aisément. Or, la fermeture successive des lignes de transport collectif, l’isolement croissant de la Nièvre, et la priorité donnée au « tout-voiture » rendent l’autonomie compliquée. Une enquête menée par l’INSEE en 2015 montrait que plus de 80% des actifs du territoire se déplacent en voiture individuelle pour travailler.
Un habitant dépourvu de véhicule dépend donc fatalement des proches ou de solutions informelles : le taxi social proposé par la Communauté de Communes, rare et peu flexible, ou le covoiturage organisé. Cette question de mobilité conditionne l’accès à l’emploi, à la santé, à la culture — mais aussi l’attractivité de toute entreprise s’installant à Vielmanay.