La variole : une peur persistante jusqu’au XIX siècle
Si la peste a surtout marqué les siècles médiévaux, la variole s’est imposée comme une menace plus durable dans la Nièvre, jusqu’à la fin du XIX siècle. Les registres paroissiaux puis d’état civil, souvent très précis à Vielmanay, témoignent de pics de mortalité parfois brutaux et réguliers.
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En 1828, on note, à Vielmanay, une surmortalité concentrée sur les enfants : sept décès dus à la « maladie des boutons », selon le registre de l’époque (Archives communales, Vielmanay).
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Entre 1852 et 1854, une « foudroyante maladie » sévit dans plusieurs hameaux, dont En Haut et La Chabanne, frappant en majorité les enfants de moins de six ans.
L’introduction de la vaccination à la fin du XVIII siècle (dès 1804 à Nevers, puis progressivement dans les campagnes) fut un tournant, mais sa diffusion à Vielmanay resta lente : la peur de l’inoculation et la difficulté d’obtenir les doses expliquent que, selon le recensement de l’instituteur Ambroise Morel en 1867, moins de la moitié des enfants du village étaient alors vaccinés contre la variole (Source : rapport de l’inspecteur d’académie, Archives nationales).
L’épidémie de 1871 : entre peur et solidarité
L’année 1871 est restée dans la mémoire locale, marquée par ce qu’on appelait alors « la petite vérole ». D’après une lettre d’un habitant citée dans Le Journal du Nivernais à l’été 1872, « on n’osait plus toucher ses voisins, on mettait des draps trempés de vinaigre aux fenêtres, et la cloche de l’église sonnait presque tous les soirs ». Les familles s’organisaient en “ménages d’isolement”, refusant tout contact, mais les enfants des fermes isolées étaient souvent moins exposés que ceux du bourg.
- On improvise un poste de soins dans l’arrière-salle de la mairie, qui sert aussi d’école.
- Des rumeurs circulent, prétendant que les lavandières sont les vecteurs principaux du mal, ce qui faillit entraîner l’interdiction des grandes lessives communes au Gué du Moulin.
- L’étude des actes de décès montre un pic de mortalité du 13 mai au 29 juin 1871, avec 12 morts à Vielmanay, soit plus de 5 % de la population de l’époque.
La variole ne sera véritablement maîtrisée qu’au tournant du XX siècle, avec la généralisation de la vaccination et des campagnes de sensibilisation portées par l’école et le curé du village.