XXe siècle : fixité, exception et mémoire des frontières
À partir du XXe siècle, la carte se stabilise. Les limites de Vielmanay se fixent autour des tracés hérités du XIXe siècle, mêmes si quelques micro-ajustements surviennent : déplacement d’une borne à la faveur du remembrement agricole, inclusion de certains bosquets dans le domaine communal lors de la réorganisation foncière de l’après-guerre.
La mémoire locale, cependant, continue de vivre. Les familles, souvent implantées depuis plusieurs générations, n’ont pas oublié les histoires attachées à certains points de passage. Dans le bas du village, la “pierre des Lépreux”, marquant la limite avec Chasnay, rappelle à certains anciens le souvenir d’un lieu où, disait-on, les habitants des deux communes venaient échanger des denrées à l’abri du regard. Plus au nord, la rivière du Mazou, parfois capricieuse, a été à l’origine de polémiques sur le déplacement de son lit (la crue de 1910 est restée célèbre !), rendant floue la séparation avec les terres voisines.
Il reste aujourd’hui possible de retrouver sur le terrain ces traces du passé :
- Vieilles croix de chemins portant, sur leur socle, un nom ou une date
- Borne en granit gravée de lettres parfois effacées
- Vestiges de murs de clôture encadrant autrefois les terres communales
Ce patrimoine discret rappelle que la frontière n’est pas qu’une abstraction administrative, mais aussi une histoire de vie quotidienne, de gestes anciens, d’accords conclus au fil du temps.